La classe. Épisode V : Tous à l’UNESCO !

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avatar-fatima-small Par FatiMars

unesco-wallpaper-1024x830Rappelez-vous lors de mon dernier article, en plein mois du bourdon, je vous ai annoncé qu’on parlerait philo. Au [Lab]map, on vous a déjà parlé de cette thématique avec le billet d’Elena XLII. Mais aujourd’hui, je ne vais parler que d’un seul courant de philosophie pour enfants, celui sur lequel j’ai été formée et que je pratique dans ma classe seule ou accompagnée de ma prof doc préférée (ça, c’est pour rattraper l’histoire du chut vu que j’ai découvert que ma prof doc lisait mes articles…). Et je vais surtout vous conter notre drôle d’aventure à l’UNESCO.

msCourant octobre, Michèle Sillam (qui cherche une classe pour faire une démonstration d’atelier philo AGSAS-LEVINE lors des rencontres sur les nouvelles pratiques philosophiques qui se tiennent à l’UNESCO) me sollicite pour que je fournisse un petit lot d’élèves. Michèle Sillam est une de mes références pédagogiques en fait. C’est une professeure de mathématiques à la retraite qui m’a formée aux ateliers philo (il y a quelques années) puis à la conduite d’entretiens avec les élèves et/ou leurs parents (deux ans plus tard) et qui anime le groupe de soutien au soutien (que j’ai rejoint en début d’année scolaire parce qu’on a toujours besoin d’un petit shoot d’énergie sillamienne).

En fait, le plan Vigipirate a eu au moins une conséquence inattendue. A priori, les classes en dehors de Paris intra-muros ne sont pas autorisées à prendre le métro lors de sorties scolaires. Et payer un bus pour se déplacer jusqu’à l’UNESCO n’était pas possible pour l’école qui participe depuis plusieurs années à la démo live de la méthode AGSAS-LEVINE avec Michèle Sillam. Nous voilà donc partis pour leur succéder.

Pour préparer les rencontres à l’UNESCO, nous avons donc démarré les ateliers philo plus tôt que prévu dans l’année. A la rentrée des vacances de la Toussaint, les élèves ont philosophé sur l’expression « Être vivant ». Pour faire connaissance avec les élèves, Michèle Sillam est venue la semaine suivante pour animer leur second atelier philo autour du mot « Grandir ». Leur troisième atelier philo était donc celui en live. Les loulous étaient entourés par plein d’adultes qui les observaient philosopher tranquillement sur la « Peur ».

applique-en-flex-thermocollant-meme-pas-peur-d-abordJe ne peux que saluer le courage de mes élèves face à cet exercice très étrange qu’est celui de philosopher en public. Ils ont été très vrais et – comment dire…hum… – c’est toujours assez coloré et dynamique, quand ils sont vrais. Mais avec le recul, je les préfère comme ça plutôt qu’en train de ne pas oser être eux-mêmes. Bon, vous allez me dire, en novembre, ils portent encore leur costume et ils ne sont pas encore tout à fait eux-mêmes et vous avez fort raison ! Dans quelques temps, j’espère qu’ils seront tous pleinement en confiance et sereins pour ne plus se comporter comme ce qui est attendu par leur quartier, leur entourage, leurs camarades de classe…

Vu que je suis censée parler vrai après un tel paragraphe, je dois vous avouer que nous   (ma collègue doc et moi) avons été beaucoup moins courageuses que nos élèves puisque nous n’avons pas animé l’atelier comme on le fait d’habitude. C’est Michèle Sillam qui s’en est occupée pour nous…

obpic8opdspAvant la démo, nous avons pu visiter l’UNESCO. Ça a semblé plaire aux élèves. Suite à la démo live, le public a pu poser des questions. Beaucoup étaient en direction des élèves ce que j’ai trouvé très bien. D’autres étaient plus des questions d’adultes pour des adultes et nous avons donc pris le relais à ce moment-là. Nous avons dû nous sauver assez vite à la fin de notre prestation pour ne pas rentrer trop tard au collège. Michèle Sillam nous a raconté que beaucoup de personnes étaient venues lui dire qu’elles trouvaient que le protocole AGSAS-LEVINE était le plus audacieux qu’ils avaient vu (ça, c’est sûr, c’est vraiment pas évident à asseoir au démarrage, un peu comme la démarche d’investigation en fait). Ces personnes ont ajouté qu’elles avaient vraiment vu des élèves en train de philosopher.

finalfrontier_newthumb.pngDeux semaines après cette aventure, nous avons mis en œuvre notre quatrième atelier philo. Cette fois-ci, nous avons choisi « Espace » (étonnant comme choix, non ?) et nous avons été… touchée par la grâce. Le groupe a semblé être suffisamment solide pendant cet atelier pour neutraliser les tentatives de dérapages de certains. Ce jour-là, c’était clair, on était là pour philosopher, pas pour rigoler. Les rechutes seront nombreuses, on en est consciente. Mais malgré cette certitude, on a savouré ce moment de grâce quand il s’est présenté. C’est du bon carburant pour traverser les tempêtes à venir…

Extrait de la transcription de l’atelier philo « Espace » :

  • « Quel espace ? Parce qu’on peut dire qu’il a l’espace, notre place et l’espace des astronautes ?
  • Pour moi, l’espace, c’est déjà l’univers, mais ça peut être aussi tout ce qui nous entoure.
  • Quel espace ? En tous cas, l’espace sur le Terre, donc la place, on peut dire que les humains couvrent un peu toute la place.
  • Il y a des planètes dans l’espace.
  • L’espace, c’est infini.
  • Il y a beaucoup de planètes et de galaxies dans l’espace.
  • Est-ce qu’on pourrait vivre sur l’eau comme il a plus beaucoup d’espace maintenant ?

[….]

  • Je suis d’accord avec A. Par exemple, on m’a dit qu’à un moment les hommes pensaient que la Terre était plate. J’ai oublié comment ils ont su que la Terre était ronde. Voilà, comme on n’a pas encore visité l’espace, comme on n’a pas approfondi nos recherches, parce qu’on n’a pas la technologie ou les capacités requises, en fait, on n’en sait rien.
  • On n’a pas découvert l’espace, mais on a des indices quand même. L’espace, il y a des l’espace, on peut dire que c’est grand, même si on ne l’a pas découvert.
  • Peut-être qu’il y a des formes de vie autre part.
  • Aussi, il y a l’espace vital. »

indexVous vous demandez peut-être en cette fin de billet, pourquoi j’ai choisi de faire plutôt du « Lévine » que du Lippmann ou du Tozzi ?
Je vois trois raisons à cela. La première, c’est le hasard de la rencontre tout simplement. Je me suis inscrite à une formation sur les ateliers philo au plan de formation académique et j’ai rencontré Michèle Sillam. La seconde raison est sans doute que cette méthode ne me demande pas de culture philosophique préalable et qu’elle me permet malgré mes propres manques culturels de pouvoir faire vivre la philosophie à mes élèves. Enfin, cette méthode aide mes élèves à mettre en route leur appareil à penser. Et ça, c’est juste fondamental.

Alors, vous savez ce qu’il vous reste à faire : remuez votre appareil à penser entre amis, en famille, entre collègues, en classe et surtout, restez curieux !

A bientôt sur le [Lab]map

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Pour en savoir plus :
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Pour la présentation du protocole AGSAS-LEVINE (que je n’ai volontairement pas présenté dans ce billet), lire le bel ouvrage ci-contre :

N’hésitez pas à aller sur le blog de Michèle Sillam !

Et parce qu’à plusieurs, c’est un peu moins difficile  comme métier, renseignez-vous sur les groupes de soutien au soutien.

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