Les belles leçons de Mme Curie

avatar-fatima-small    Par FatiMars

Périodiquement dans mon quotidien de professeur, une envie d’histoire des sciences me submerge. Actuellement en pleine « crise », je m’intéresse aux sciences d’ici mais surtout d’ailleurs. Dans mes recherches bibliographiques en tout genre, je suis retombée sur ce bel ouvrage de « physique élémentaire pour les enfants de nos amis ».

Ce livre, basé sur les notes de cours d’Isabelle Chavannes, préfacé par notre cher Yves Quéré, nous plonge dans cette drôle d’aventure datant de 1907. A l’époque, plusieurs parents s’organisent pour créer une école associative. Chacun donne des leçons à son enfant et à ceux de ses amis. Les cours de physique sont donnés par Mme Curie, déjà Prix Nobel. Cette école existera pendant 2 ans.

Dix leçons sont décrites dans le livre à partir des notes manuscrites d’Isabelle Chavannes. On y retrouve de nombreuses expériences que les professeurs de Physique-Chimie proposent actuellement à leurs élèves. D’autres expériences sont moins connues et font pétiller l’imagination… Bon, c’est vrai qu’on ne peut pas toutes les proposer telles quelles aux enfants de nos amis. Le mercure, même si ça a l’air vraiment fun à utiliser, c’est plus vraiment d’actualité sauf si vous avez envie de vous fâcher avec vos amis ou les parents de vos élèves !

Dans la postface, un contexte historique nous est proposé. Hélène Gispert, historienne des sciences, nous explique qu’à l’époque, l’enseignement de la physique pour des enfants d’une dizaine d’années n’est pas la règle. Sur les deux voies d’enseignement possibles suivant son niveau scolaire (et social ?), une seulement permet de bénéficier d’un enseignement scientifique expérimental. La physique commence durant les « années collège » pour les élèves qui suivent la voie d’enseignement la moins prestigieuse. [Rappelons-nous que le collège unique n’existe pas encore.] Pour les élèves d’un bon niveau scolaire, il faut attendre l’équivalent des « années lycées » pour avoir un enseignement de physique mais ce dernier n’est que théorique.

Marie Curie met l’expérimental au centre de son enseignement. Le contenu scientifique n’est pas pour autant oublié. Les enfants manipulent pour comprendre et pour apprendre. Les parents de cette école coopérative semblent donc penser que la manipulation n’est pas faite exclusivement pour les élèves en difficultés mais peut donc être un véritable moteur d’apprentissage pour tous.

On apprend aussi dans la préface qu’en 1907, on ne prépare que les garçons au baccalauréat. Il faudra attendre les années 1920 pour ouvrir le baccalauréat aux jeunes filles. Isabelle Chavannes deviendra ingénieur chimiste, carrière peu courante pour une femme née en 1894. A méditer pour nous qui avons tant de mal à intéresser nos jeunes filles aux sciences !

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Je vous conseille donc la lecture de cet ouvrage court mais roboratif qui peut vous aider à aborder avec les enfants de vos amis ou vos élèves les propriétés de l’air, de l’eau, la masse volumique (qui fait son entrée dans le programme de Physique-Chimie du futur cycle 4) et plein d’autres notions passionnantes !

Et si, par chance, vous avez mis la main sur les 6 leçons de Noël pour enfants de Mickaël Faraday, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Pour en savoir plus :

Le projet réalisé par l’équipe de la Maison des Sciences de Châtenay-Malabry

Spectacle au théâtre de la Reine blanche sur Marie Curie


Restez Curieux !

 

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